Non, votre ado n’est pas fainéant : son cerveau est juste en surchauffe biologique

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Mon histoire : Quand le diagnostic sauve une vie

Ce sujet me tient particulièrement à cœur car je l’ai vécu dans ma chair. Je suis née avec un trouble sévère du rythme circadien : mon cerveau ne sécrétait pas la mélatonine la nuit, mais le jour. À cela s’ajoutait une apnée du sommeil invisible qui m’empêchait d’atteindre le sommeil profond.

Le résultat ? Mes parents me grondaient, persuadés que je passais mes nuits sur les jeux vidéo (ce qui était faux). Au collège et au lycée, j’ai été punie à répétition parce que je m’effondrais de fatigue sur ma table. Mon médecin de l’époque a fini par me prescrire de lourds somnifères, que je prenais en grande quantité… sans aucun effet. On me traitait de fainéante.

Le salut est arrivé à mes 18 ans, face à un neurologue qui a enfin posé le bon diagnostic. Il a fallu deux ans de cure de sommeil pour que je retrouve un rythme calé sur celui de la société. Mais les années de privation forcée ont laissé des traces : aujourd’hui encore, il m’arrive de chercher mes mots ou d’avoir des trous de mémoire. J’ai même développé des problèmes de thyroïde qui ont mystérieusement disparu dès que j’ai enfin réussi à dormir.

L’explication est pourtant fascinante et profondément humaine : d’un point de vue évolutionniste, ce « décalage » est un héritage de nos ancêtres. Dans les tribus primitives, il fallait des individus programmés biologiquement pour veiller la nuit et protéger le groupe pendant que les autres dormaient.

Alors si votre enfant est en souffrance, ne l’accusez pas. Ne le punissez pas. Face à un sommeil qui déraille, le bon réflexe n’est pas la colère, c’est de consulter un neurologue ou un spécialiste du sommeil.

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